La location de voiture fait souvent penser aux vacances. Mais pour certains Français, c’est devenu une nécessité pour trouver ou garder un emploi. René Bortolin, vingt ans à la tête de structures d’insertion dans le lyonnais, connaît bien ce problème. “Quand vous habitez en banlieue et que vous devez vous rendre dans une usine à 20 km de l’autre côté de la ville, vous ne pouvez pas compter sur les transports en commun”. Et pourtant les personnes en recherche d’emploi n’ont pas le choix : quand le marché du travail va mal, ils doivent se débrouiller pour faire 20, 30, voire 60 km par jour. La mobilité devient ainsi un enjeu crucial de l’insertion. C’est pourquoi depuis 2003 le Centre Ressources Mobilité (CRMo) prête aux demandeurs d’emploi des véhicules à très faible coût. “On dispose d’un parc de 130 véhicules, petites citadines mais aussi voiturettes sans permis, explique Romain David, responsable développement depuis 2008. Elles sont réparties selon la demande sur 18 sites. Dans le département de l’Ain, berceau de l’association, mais aussi dans huit autres départements en Bourgogne, Rhône-Alpes et Languedoc-Roussillon”. En 2010, 400 personnes ont bénéficié du service, soit deux fois plus qu’en 2009.
CRMo n’est cependant pas une agence de location classique. D’abord, les demandeurs d’emploi ne peuvent pas s’adresser à l’association directement. “On travaille avec Pôle Emploi, les missions locales, les PLI (Plan Local d’Insertion) et les agences d’intérim”, précise Romain David. Ensuite, CRMo propose des tarifs de mise à disposition adaptés à un public précaire. “On ne nous demande que 5 € par jour!, confirme une jeune travailleuse qui préfère rester anonyme. C’est la deuxième fois que je me sers des véhicules de CRMo et ça me rend bien service. Mais j’ai très peur que les tarifs augmentent”. Un risque qu’il ne faut en effet pas nier.”Une voiture nous coûte 20 € par jour. Si l’on peut se permettre de la proposer à un quart du prix c’est parce que les Conseils généraux, les PLI, les missions locales et le Fond d’action sociale pour le travail temporaire payent la différence”, affirme Romain David. “Mais cela pourrait ne pas durer, avoue René Bortolin, trésorier bénévole chez CRMo depuis 2005. Les collectivités locales ont moins d’argent. Les bénévoles qui, comme moi, ont de l’expérience et un carnet d’adresses bien rempli doivent donc jouer leur rôle et proposer d’autres sources de financement”. Car personne chez CRMo n’envisage de baisser les bras : trop d’associations d’insertion frappent à la porte pour faire appel à ce précieux service.
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